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La mauvaise graine - par Guillaume

Les grandes cultures de l’Arkansas sont envahies par l’amarante de Palmer, une plante résistante à l’herbicide produit par la multinationale Monsanto. Convertis de longue date aux OGM, et enrichis grâce à eux, les fermiers s’interrogent aujourd’hui sur leur avenir.



Ken Smith, professeur d’agronomie à l’Université de l’Arkansas, avait prévenu: «Vous verrez. Ce qui impressionne dans notre agriculture, c’est sa dimension et son intensité.» Effectivement, dans le Mid-South américain, l’agriculture ressemble à une industrie. Tout est disproportionné: les champs taillés au cordeau; les machines pour semer, récolter, épandre les pesticides; les tourbillons de poussière qui montent au ciel, soulevés par les cueilleuses mécaniques de coton et les pick-up des agriculteurs.

Mais, depuis quelque temps, les fermiers les plus modernes du monde doivent revenir à des outils d’un autre âge, la houe et la pelle, pour déloger la mauvaise herbe qui envahit leurs champs. L’amarante de Palmer est surnommée pigweed (l’herbe à cochon), entre autres vocables si grossiers que les agriculteurs n’osent pas les répéter. Ce n’est pas une petite herbe folle mais «un monstre», dit Claude Kennedy, directeur de la station agricole expérimentale du bourg de Marianna: «Elle est de plus en plus agressive et prend des formes si étranges que parfois elle me fait presque peur.» La plante peut pousser de 5 centimètres par jour et atteindre plus de 2 mètres de haut. Avec ses branches tourbillonnantes, elle rappelle les arbres torturés qui peuplent les films du maître du fantastique, Tim Burton. Il arrive que ses racines cassent les moissonneuses.

Elle est le rejeton non désiré d’un mariage qui fut longtemps sans nuages entre les agriculteurs américains et les semences OGM Roundup Ready, la technologie phare de Monsanto. Le principe: un gène de tolérance à l’herbicide total Roundup est introduit dans une plante cultivée. Quand le produit est épandu, toutes les mauvaises herbes meurent, tandis que l’OGM survit.

Les agriculteurs de l’Arkansas parlent de l’âge d’or de ce système avec des étoiles dans les yeux. «Ces semences sont arrivées en 1996, se souvient Sid Fogg, cultivateur de coton et de soja. C’était formidable. On semait, on passait deux fois du Roundup et on avait les champs les plus propres, les plus jolis qu’on ait jamais vus.»

Aux Etats-Unis, 58% du coton, 66% du maïs et 93% du soja sont Roundup Ready. La majorité des OGM cultivés dans le monde également, et le glyphosate, contenu dans le Roundup, est la molécule herbicide la plus utilisée sur terre. Dans l’Arkansas, le paysage a été bouleversé. Le labour – un moyen de lutter contre les mauvaises herbes – a été abandonné. La dizaine d’herbicides qui se partageaient le marché ont été balayés. Chacun a pu cultiver plus. Les exploitations se sont agrandies, les agriculteurs enrichis. «Tout était facile, trop facile», laisse tomber l’agriculteur Bill Wilkie.

Cette époque bénie est révolue. «Mère Nature n’en a fait qu’à sa tête», résume Sid Fogg. Au bout de quinze ans d’usage intensif et exclusif du glyphosate, une dizaine de mauvaises herbes, présentes à l’origine en quantités modestes, sont devenues résistantes au produit. Dont Amaranthus palmeri. «Le mécanisme de la sélection naturelle a joué, explique Ken Smith. Dans la population initiale, certains individus étaient naturellement résistants, ils se sont multipliés.»

Quelque 6 millions d’hectares sont touchés dans 22 Etats américains, selon les dernières estimations, soit un peu moins de 10% des surfaces OGM du pays. Le sud-est des Etats-Unis, cœur de la production de coton et de soja, est le plus concerné. Mais les herbes indésirables gagnent constamment du terrain. «Partout où il y a usage exclusif du glyphosate, le problème se posera tôt ou tard», affirme Claude Kennedy. Des résistances ont déjà été observées dans une quinzaine de pays, dont la Chine, l’Argentine, le Brésil, ou le Canada.

«De nouvelles variétés de semences Roundup Ready continuent d’arriver sur le marché, comme l’alfalfa ou la betterave à sucre, relève David Mortensen, spécialiste des plantes adventices à l’Université de Pennsylvanie. Cela exacerbera le problème.» Ardent défenseur du glyphosate, qu’il compare à la pénicilline en médecine, l’universitaire australien Stephen Powles voit dans sa perte d’efficacité «une menace pour la production alimentaire mondiale».

Dans l’Arkansas, l’explosion a eu lieu cette année. Les agriculteurs ont été pris par surprise. «On se disait que ça pouvait arriver, mais pas autant, aussi vite», témoigne West Higgins devant l’un de ses champs, où son soja a littéralement été étouffé. Dans les restaurants où les agriculteurs se retrouvent pour petit-déjeuner avant l’aube, les pigweeds sont devenus le sujet numéro un de conversation. «Reflex, Treflex, Dual, Valor…»: attablés chez Cleo, à Marianna, Rusty Carter et Chad Russel, deux producteurs de soja et de coton, énumèrent les produits qu’ils tentent d’appliquer. De la «vieille chimie», disent-ils. Le Treflan, qui figure en bonne place au Musée du coton de Memphis, date de 1964.

Certaines molécules font l’objet d’une surveillance de l’Agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA) en raison des risques pour l’eau. Le dicamba, utilisé pour «brûler» les mauvaises herbes au printemps, est particulièrement agressif. C’est un dérivé du 2,4-D, un composant de l’agent orange, défoliant utilisé pendant la guerre du Vietnam. Au total, les traitements ont été au minimum multipliés par trois. «Mais rien n’en vient vraiment à bout», observe Rusty Carter.

Alors, cet été, une armée de journaliers a désherbé à la houe les champs de coton dans tout le sud-est des Etats-Unis, du jamais-vu depuis les années 1960. «Le champ est propre pendant deux ou trois semaines, puis elles reviennent», constate, amer, Chad Russel. Chaque femelle contient 250 000 graines. «Je crains que ça ne soit de pire en pire, souffle Bill Wilkie. Je ne sais pas où on va.»

«Parfois, je pense à mon père, se désole Sid Fogg. S’il voyait toutes ces mauvaises herbes, il me dirait: mon fils, qu’est-ce que tu fais?» Surtout, tout cela revient très cher. En moyenne, 30 dollars supplémentaires par demi-hectare pour produire du soja, 70 pour du coton. Les rendements sont en baisse de 20% à 30%. «Cette affaire coûte des millions, affirme Ken Smith. Certains pourraient ne pas tenir l’année prochaine.»
 

Colby McChesney, 26 ans, n’a «pas l’intention de changer de métier». «Je laisse complètement tomber le Roundup Ready, lance ce jeune homme, tout en parcourant en trombe ses 1500 hectares. Certains s’accrochent à l’espoir que ça va aller mieux, moi je pense que, si on veut réparer le système, il faut tout changer. Sinon, on risque de perdre le contrôle.» L’année prochaine, il sèmera du coton et du soja LibertyLink, un OGM de Bayer. Il fonctionne avec un herbicide différent, relativement efficace sur Amaranthus palmeri. Le jeune agriculteur essaiera aussi des semences conventionnelles «pour voir».

Beaucoup d’agriculteurs y pensent, à contrecœur, comme une régression. Sid Fogg a tenté l’expérience sur quelques parcelles. Comme aucun semencier ne vend plus de variétés conventionnelles, c’est l’Université de l’Arkansas qui lui a fourni des graines. «Je ne vois pas pourquoi je continuerais à payer les semences Monsanto trois fois le prix des conventionnelles, alors que je vais dans les deux cas dépenser de l’argent en herbicides», explique-t-il. Le problème, c’est qu’il n’y aura pas assez de graines LibertyLink et conventionnelles pour tout le monde l’année prochaine. Chuck Yates, le marchand de produits agricoles de Marianna, estime que 75% de la demande seulement sera honorée.

Monsanto reconnaît que le problème est «sérieux». «Nous pensions au départ que l’émergence de résistances serait difficile, affirme Rick Cole, chargé du dossier. Nous devons maintenant reconnaître que d’autres produits doivent être utilisés avec le Roundup pour les maîtriser.» L’entreprise se retrouve contrainte de faire la promotion d’herbicides vendus par des concurrents. Elle rembourse même 12 dollars par demi-hectare aux producteurs de coton qui y ont recours. Mais, selon elle, le Roundup «a toujours de la valeur». «Il reste efficace sur 300 mauvaises herbes, les agriculteurs ont peut-être tendance à l’oublier, poursuit Rick Cole. Et les rendements des variétés Roundup Ready resteront compétitifs.»

Monsanto prépare déjà le coup d’après. Le semencier annonce pour 2014 un soja résistant au dicamba et au glyphosate. Et, deux ans plus tard, un coton résistant à trois herbicides différents. Ses concurrents sont également sur les rangs. «Celui qui arrivera le premier gagnera beaucoup d’argent!» s’amuse Rusty Carter.

Les anti-OGM dénoncent les promesses non tenues de Monsanto, qui a longtemps vanté les économies de pesticides réalisées avec les variétés Roundup Ready. «C’était vrai au début, mais pas sur le long terme», confirme Colby McChesney. Mais, malgré leurs déconvenues, les agriculteurs de l’Arkansas ne sont pas devenus hostiles aux plantes transgéniques. Colby McChesney ne comprend rien au débat qui agite l’Europe: «Ça fait dix ans que je croque des graines de soja et je suis en parfaite santé.» Aucun ne regrette non plus d’avoir adopté ces semences. «Sur le coup, c’était vraiment une bonne affaire, résume Bill Wilkie. Maintenant il faut qu’on nous trouve autre chose.»

En veulent-ils à Monsanto? Pas uniquement. «Tout cela est d’abord de notre faute, on n’a pas réfléchi, et on a utilisé trop longtemps un seul produit», affirme Sid Fogg. «C’était comme une drogue», renchérit Bill Wilkie. D’autres sont plus accusateurs. «Si ces semences avaient été promues correctement, on n’en serait pas là, souligne Joe Whittenton, un gros producteur de coton. Moi, j’ai toujours continué à utiliser d’autres herbicides par crainte des résistances. Les gens de Monsanto venaient chez moi et me disaient: «Laisse tomber, tu n’as pas besoin de tout ça!» Ils n’ont pas regardé assez loin dans le futur.»

Source : Le Temps du vendredi 29/11/10

Publié le 29/10/2010 - 09:07  - aucun commentaire aucun commentaire - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 

Severn, la voix de nos enfants - par Raymond


Suite à l'interpellation de Serven en 1992 à l'Onu au sommet de la terre à Rio de Janeiro, qu'en est-il aujourd'hui?

Voici une longue bande annonce d'un film qui fait état des désillusions et des initiatives positives dans le monde.

Documentaire qui pose la question: que laisserons-nous à nos générations futures?







Projection à l'auditorium de Seynod le 27 novembre 2010, suivi d'un débat en présence de Jean-Paul Jaud.

Site officiel : severn-lefilm.com
Publié le 28/10/2010 - 17:09  - 1 commentaire 1 commentaire - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 

le CGIAR (Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale) impliqué dans l’accaparement des terres au niveau mondial - par Raymond

Le CGIAR impliqué dans l’accaparement des terres au niveau mondial

Septembre 2009, GRAIN

Il était quasiment inévitable que les instances internationales de la recherche agricole se retrouvent dans la mêlée actuelle aux côtés des gouvernements et des investisseurs privés qui cherchent des terres pour assurer une production alimentaire à l’étranger. Après tout, voila où arrive en ce moment une bonne partie de l’argent affecté à la « sécurité alimentaire » : une foule de nouveaux projets destinés à acquérir et mettre en exploitation d’immenses étendues de terres pour une production agricole à l’étranger. GRAIN a identifié plus d’une centaine de transactions de ce type, la plupart d’entre elles déclenchées par les crises alimentaire et financière de la fin de l’année dernière.1

Six mois plus tard, l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) a estimé que, effectivement, 15 à 20 millions d’hectares, essentiellement en Afrique et en Asie, ont récemment été loués, achetés ou font l’objet de négociations pour une production alimentaire destinée à d’autres pays.2 La Banque mondiale a entrepris sur cette question une grande étude, qui bénéficie de l’appui de la Banque puisqu’elle encourage le développement de la privatisation et des agro-industries au Sud, et qui devrait être finalisée d’ici la fin de cette année.3 L’accaparement des terres est même devenu cette année un sujet récurrent dans la plupart des débats officiels sur les politiques de sécurité alimentaire dans les plus hautes instances politiques, que ce soit la réunion des dirigeants du G8, l'Union africaine ou l'Assemblée générale des Nations Unies.

Des dizaines de milliards de dollars ont été mobilisés jusqu’à présent, sur le papier pour la plus grande partie, pour transformer ces transactions sur les terres en nouvelles plantations productives.4 C’est de l’argent frais qui se répand par ci par là dans un monde en proie à une famine croissante. Il n’est pas douteux, donc, que les instituts de recherche qui développent de nouveaux types de semences, de machines agricoles ou de technologies d’irrigation dans le cadre de missions humanitaires, vont vouloir une part du gâteau. Mais peuvent-ils se le permettre ? L’IFPRI, l’une des 16 structures de recherche financées par le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) de la Banque mondiale, a fait bruyamment savoir en avril dernier qu’il redoutait que ces opérations d’accaparement de terres puissent se retourner contre leurs protagonistes et qu’il essayait de promouvoir un certain nombre de principes qui en feraient des accords « gagnant-gagnant ». Toutefois, l’encre de cet appel à la prudence n’était pas encore sèche que l'Institut international de recherche sur le riz (IRRI), un centre du même groupement, commençait déjà à s’aventurer dans les eaux troubles de l’accaparement des terres.

L’IRRI entre dans la mêlée

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Le Dr Abdelbagi Ismail, de l’IRRI, Ahmed Al-Sadhan du ministère saoudien du Commerce et de l’Industrie, et Bob Zeigler, Directeur général de l’IRRI

Un document interne, récemment mis en ligne sur le site web de l’IRRI, révèle que l’Institut a conseillé l’Arabie saoudite dans le contexte de sa stratégie d’acquisition de terres agricoles à l’étranger pour sa propre production alimentaire. Cette information apparaît dans le compte rendu d’une réunion de mars 2009 à Riyad entre le Dr Robert Zeigler, le directeur général de l’IRRI, et des représentants officiels du gouvernement et du secteur privé saoudiens. L’IRRI, dont le siège est aux Philippines, est souvent considéré comme le premier institut de recherche rizicole du monde. L’Arabie saoudite est le troisième importateur mondial de riz, et une bonne partie de ses projets agricoles à l’étranger gravitent autour de cette céréale de base. Pour les Saoudiens, les enjeux sont considérables. La facture des importations alimentaires du pays devrait atteindre 15 milliards de dollars cette année, en hausse de 25 % par rapport à 2008.5

Les notes sur ces discussions, prises par l’IRRI et initialement mises en ligne sur son site web, révèlent que l’IRRI a rencontré et conseillé le gouvernement d’Arabie saoudite et des sociétés saoudiennes sur les pays où investir pour produire du riz. Elles indiquent également que les deux parties ont travaillé sur une proposition visant à formaliser le rôle de l’IRRI dans le développement et la mise en œuvre des projets du royaume saoudien en matière de riziculture à l’étranger.

Le 7 mars 2009, Zeigler et deux autres représentants de l’IRRI ont rencontré le Dr Ahmed Al-Sadhan, le directeur général de l’Office national des stratégies industrielles au sein du Ministère du Commerce et de l’Industrie, ainsi que des représentants de certaines des principales sociétés impliquées dans les efforts coordonnés de l’Arabie saoudite pour assurer une production alimentaire à l'étranger, notamment la Tabuk Agricultural Development Company (TADCO).

Cette réunion faisait suite à la visite d’une délégation saoudienne de représentants du gouvernement et d’hommes d’affaires au siège de l’IRRI, aux Philippines. À l’occasion du voyage en Arabie saoudite, la délégation de l’IRRI a également rendu visite à la Banque islamique de développement et à deux sociétés impliquées dans la planification de l’externalisation de la production de riz, l’Olayan Financing Company et Foras International.

Les notes précisent clairement que, au cours de cette visite en Arabie saoudite, l’IRRI a conseillé des représentants officiels saoudiens sur des investissements dans la riziculture à l’étranger.

« Le conseil de Bob [Zeigler] a été d’investir dans des pays à faible densité de population et qui ont des bonnes ressources et un climat propice à la production rizicole. Parmi les pays potentiels mentionnés au cours de la réunion figuraient l’Éthiopie, le Soudan et l’Égypte. Bob a également ajouté la Tanzanie, le Mozambique, le Mali et le Sud du Brésil », selon les notes de la réunion dans les bureaux du Dr Ahmed M. Al-Sadha.

L’IRRI, néanmoins, nie avoir fourni un conseil à un quelconque gouvernement sur des acquisitions à l’étranger de terres destinées à la production alimentaire. « L’IRRI n’intervient dans aucun projet d’acquisition de terres pour la production de riz, et ne fournit aucun conseil sur l’acquisition de terres : ceci ne fait pas partie de la mission de l’IRRI », déclare l’institution dans la réponse prudemment formulée qu’elle a apportée à la demande d’éclaircissements de GRAIN.

Pourtant, au cours de cette même réunion à Riyad, les deux parties ont discuté d’un rôle officiel pour l’IRRI dans le cadre du plan de sécurité alimentaire du gouvernement saoudien, ce qui a conduit l’IRRI à fournir des « recommandations » pour l’élaboration d’un « cadre pour ce qui doit être fait en termes de besoins de recherche, pays ciblés et assistance nécessaire, etc. »

« Sur la base de cette discussion, la réunion a proposé que l’IRRI soumette d’ici fin mars une ébauche de projet sur 5 ans. Cette ébauche de projet devrait faire apparaître les domaines de recherche qui nécessitent une assistance supplémentaire de l’IRRI et sont pertinents pour l’initiative saoudienne à l’étranger, un budget approximatif et des directives pour des investissements dans la production rizicole à l’étranger » relève l’IRRI dans ses notes. Il y a aussi eu des discussions entre les deux parties sur le rôle que pourrait jouer le Centre africain du riz (WARDA), un autre centre du CGIAR, basé à Cotonou.

Dans sa lettre à GRAIN, l’IRRI reconnaît avoir soumis à l’Arabie saoudite des « notes conceptuelles pour des propositions de recherche » mais précise qu’ « aucun accord n’a été conclu avec le Royaume d’Arabie saoudite et [qu’]aucun projet n’est actuellement financé par ce pays. »

Foras a informé l’IRRI de son acquisition de 500 000 ha de terres agricoles au Sénégal et de 200 000 ha de terres agricoles au Mali pour la production de riz.

Le « modèle Foras »

Une grande partie de la visite de R. Zeigler en Arabie saoudite a été consacrée à des réunions avec des représentants de sociétés agro-industrielles chargées de la mise en œuvre de la stratégie du gouvernement saoudien pour la production alimentaire à l’étranger. L’IRRI a notamment rencontré TADCO, une société activement impliquée dans l’installation d’exploitations agricoles hors du pays. 6 Entre autres projets, TADCO participe à un consortium saoudien qui investit actuellement 40 millions de dollars dans l’acquisition de plus de 200 000 ha de terres agricoles à l’étranger pour la riziculture et d’autres cultures vivrières.

photo of meeting2

Ahmad Mohamed Ali Al-Madani, président du groupe IDB rencontre le directeur général de l’IRRI, Bob Zeigler. Source: IRRI

L’IRRI a également eu une réunion avec Foras International Investment Company, une autre entreprise qu’il avait déjà rencontrée à une autre occasion aux Philippines. Selon le compte rendu de la réunion établi par l’IRRI, Foras a informé le centre du CGIAR de son achat de 500 000 ha de terres agricoles au Sénégal et de 200 000 ha de terres agricoles au Mali pour la production de riz. Les représentants de l’IRRI ont alors conseillé Foras sur son projet et discuté de la participation de l’IRRI. Les représentants de Foras et les gouvernements concernés n’ont pas encore à ce jour reconnu publiquement ce transfert de terres, qui aurait évidemment des répercussions politiques dans les pays concernés.

L’IRRI a confirmé à GRAIN que les deux parties ont signé un protocole d’accord en décembre 2008 qui « formalise de façon générale les relations entre IRRI et Foras et indique que les deux organisations rechercheront des opportunités de collaboration de recherche avantageuses pour chacune. »

Foras est une filiale récemment créée de la Chambre islamique du commerce et de l’industrie, financée par la Banque islamique de développement, le gouvernement saoudien et des investisseurs privés. Sa mission est de développer les investissements dans les pays islamiques et elle joue un rôle particulièrement actif dans le soutien aux objectifs des pays du Golfe en matière de production de denrées alimentaires à l’étranger. Reuters a récemment rapporté que Foras gère un projet, intitulé « 7x7 », qui, sur une période de sept ans, prévoit la production de 7 millions de tonnes de riz sur 700 000 hectares de terres, principalement au Sénégal et au Mali. La Mauritanie, l’Ouganda, le Soudan et le Niger ont été évoqués parmi les pays ciblés.7 Foras a commencé un projet pilote dans une exploitation rizicole de 2 000 ha en Mauritanie en 2008, supervisé par une équipe de consultants de l’université thaïlandaise de Kasetsart.

Dans son compte rendu des discussions avec la Banque islamique de développement, l’IRRI note que le « modèle Foras » offre de « bonnes opportunités » de collaboration ave l’IRRI.

Au cours des discussions de l'IRRI avec la Banque islamique de développement, il a été indiqué que le « modèle Foras » offrait de « bonnes opportunités » de collaboration avec l'IRRI.

Ce soi-disant « modèle Foras » semble aller de pair avec l’acquisition massive de terres de rizières dans des pays africains, la réhabilitation de systèmes d’irrigation existants et une agriculture mécanisée à grande échelle, principalement pour une exportation vers les pays du Golfe. Une dépêche Reuters du 3 août 2009 rapporte que des représentants de Foras ont seulement déclaré qu’ils « cherchaient » des terres dans trois ou quatre pays, et ont refusé de préciser le type de titre de propriété qui serait acquis pour ces terres.

Les notes de l’IRRI sur sa réunion avec Foras, néanmoins, indiquent que Foras a déjà acheté des centaines de milliers d’hectares de terres.

« Le projet a déjà permis l’acquisition de 200 000 ha au Mali, 500 000 ha au Sénégal et 10 000 acres au Soudan, et toutes ces terres seront aménagées pour la production de riz », indiquent les notes.

Dans une réponse à GRAIN, Foras a confirmé avoir déjà acheté des terres sur les rives de rivières importantes au Mali et au Sénégal pour son projet de riziculture.

Les notes de l’IRRI révèlent également que l’Institut a fourni des conseils aux représentants de Foras sur les types de riz qui devraient être utilisés et les pays où l’entreprise devrait investir pour la production rizicole. La réunion a aussi été l’occasion de discuter de la « nécessité d’une communication et d’une couverture médiatique énergiques pour assurer une bonne compréhension de la mission du projet », « la nécessité de créer une unité de recherche pour évaluer et sélectionner des variétés adaptées à ces conditions en utilisant le matériel végétal mis au point à l’IRRI et à WARDA », et « la nécessité d’un soutien de l’IRRI (et de WARDA) pour assurer le succès de cette vaste entreprise. »

L’IRRI, toutefois, affirme qu’il n’a reçu aucun financement de Foras et ne lui a fourni que les informations générales qu’il fournirait à n’importe qui. La réponse de l’IRRI à la demande de clarification de GRAIN précise : « Nous faisons des suggestions d’ordre général sur les variétés adaptées ou les meilleures pratiques de gestion et les problèmes socioéconomiques et environnementaux à prendre en compte. »

Des agriculteurs expulsés

Même si elle n’est pas surprenante, la participation de l’IRRI au projet très controversé du Royaume saoudien d’externalisation de sa production alimentaire est très dérangeante, tout particulièrement compte tenu du rôle privilégié de l’IRRI dans la définition des programmes de recherche et développement pour les politiques agricoles dans beaucoup des pays qui sont la cible de l’Arabie saoudite dans ses efforts d’acquisition de terres agricoles. Elle révèle un autre conflit d’intérêt pour une institution déjà enlisée dans les controverses du fait de ses liens étroits avec des sociétés semencières multinationales, comme Monsanto et Syngenta. Et elle est embarrassante pour le CGIAR, qui pourrait donner l’impression de jouer une stratégie de « bon flic – mauvais flic » dans la situation actuelle d’accaparement des terres qui, après tout, représente la mobilisation d’un financement nouveau non négligeable en réponse à la crise alimentaire mondiale.

La Coalition paysanne d’Asie a déjà réagi à l’annonce de la participation de l’IRRI à l’initiative saoudienne et a accusé avec colère l’Institut d’expulser des riziculteurs dans la mesure où ces projets leur volent leurs terres.8 De son côté, en Afrique, la Confédération nationale des organisations paysannes du Mali, qui fait partie du mouvement paysan international Via Campesina, est engagée dans une lutte difficile contre un projet similaire, dans le cadre duquel un fonds souverain libyen est en train de prendre possession de 100 000 ha dans la zone Office du Niger pour cultiver du riz.9 Au niveau régional, le Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l'Afrique de l'Ouest (ROPPA) a également protesté vivement contre les accaparements de terres par des étrangers dans la région.10 Il est grand temps que les gouvernements, les sociétés et les agences impliquées dans ces transactions à un titre ou un autre, commencent à écouter.


Lectures complémentaires

La version intégrale des notes de la visite de l’IRRI en Arabie saoudite a été retirée du site web de l’IRRI à la suite de la demande d’informations complémentaires de la part de GRAIN le 27 août 2009: http://beta.irri.org/news/bulletin/2009.14/PDFs/DG%20in%20KSA%20March%207-8.pdf. (Maintenant disponible)

Dans la mesure où elles étaient en accès public, GRAIN les met actuellement à disposition (en anglais) :
http://www.grain.org/articles_files/DG-in-KSA-March-7-8.pdf

Les réponses de l’IRRI à nos questions sur ce sujet (en anglais) : http://www.grain.org/articles_files/irri-2009-responses.pdf

Une vidéo du projet de riziculture de Foras en Mauritanie, évalué par une équipe de l’Université de Kasetsart, peut être visionné sur : http://www.youtube.com/watch?v=4rG9sHGysZc.

GRAIN tient à jour une page de ressources sur l’accaparement des terres, avec des liens vers des documents, des sites web, diverses initiatives et d’autres documents : http://www.grain.org/landgrab/

On peut trouver des informations quotidiennes sur l’évolution de l’accaparement des terres et la résistance que les populations lui opposent sur http://www.farmlandgrab.org. Le site offre un service hebdomadaire de messages électroniques auquel vous pouvez vous inscrire.


Références

1 GRAIN, « Main basse sur les terres agricoles en pleine crise alimentaire et financière », rapport, octobre 2008 : http://www.grain.org/briefings/?id=212. Disponible en anglais, français, espagnol, arabe et bahasa indonesia.

2 Joachim von Braun and Ruth Suseela Meinzen-Dick, « 'Land grabbing' by foreign investors in developing countries : Risks and opportunities », IFPRI Policy Brief 13, International Food Policy Research Institute, Washington DC, avril 2009 : http://www.ifpri.org/publication/land-grabbing-foreign-investors-developing-countries

3 Voir Klaus Deininger, « Land grabbing : International community responses », présentation à la réunion d’experts du DPRN le 8 juillet 2009 à Utrecht, http://www.landcoalition.org/cpl-blog/wp-content/uploads/wb_policy_utrecht2.pdf, ainsi qu’un webcast d’un séminaire antérieur de la Banque mondiale sur « Large scale investments in land : Déjà vu or new development opportunity ? », Washington DC, 2 mars 2009 sur mms://wbmswebcast1.worldbank.org/ARD/10680250/ARD_Week_3.wmv

4 En avril 2009, l’IFPRI a évalué la somme à 20-30 milliards de dollars. De nombreuses transactions, cependant, ne figuraient pas dans l’étude de l’IFPRI et d’autres ont été engagées depuis sa publication. Beaucoup des fonds du secteur privé consacrés aux investissements dans les terres agricoles étaient également absents. Même si nous ne pouvons pas donner un chiffre précis, GRAIN estime que le montant est maintenant plus proche des 100 milliards de dollars.

5 Orient Planet, « Saudi Arabia's food and agro imports to grow some 25 per cent during Q4 of 2009 », communiqué de presse, 30 août 2009. http://www.zawya.com/story.cfm/sidZAWYA20090830075138

6 Voir http://farmlandgrab.org/cat/tadco pour plus d’informations sur TADCO.

7 Souhail Karam, « Saudi-based partners launch Africa rice farming plan », Reuters, 3 August 2009 : http://farmlandgrab.org/6636 (une traduction en français est également disponible)

8 Voir le site web de l’APC : http://www.asianpeasant.org/

9 Lamine Coulibaly et Boaventura Monjane, « La Libye s'accapare des terres rizicoles maliennes », Via Campesina, 18 août 2009 : http://viacampesinaafrica.blogspot.com/2009/08/la-libye-saccapare-des-terres-rizicoles.html. [Traductions en anglais et en espagnol bientôt en ligne sur http://www.viacampesina.org.]

10 PANA, « Le ROPPA opposée à la vente massive des terres agricoles en Afrique », 1er juin 2009 : http://farmlandgrab.org/3785.

Source : grain.org
Publié le 18/10/2010 - 14:13  - aucun commentaire aucun commentaire - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 

Accaparement de terres au Kenya et au Mozambique - par Raymond

FIAN International travaille depuis plus de vingt ans contre les expulsions forcées des communautés rurales de leurs terres agricoles, de leurs pâturages, de leurs forêts ou zones de pêche. Au cours de ces deux décennies, FIAN International a été le témoin de la marginalisation croissante de l’agriculture paysanne et de l’élevage dans les politiques nationales et internationales. Aujourd’hui, ces communautés sont confrontées à des pertes de terres qui rappellent les temps coloniaux.

En mai en août-septembre 2009, FIAN a enquêté in situ sur quatre cas d’accaparement de terres au Kenya et au Mozambique, qui ont émergé suite à la crise financière et au boom des agro-carburants. Les cas d’accaparement de terres documentés par FIAN se situent dans le Delta du fleuve Tana, dans les zones marécageuses de Yala (Kenya) et dans le district de Massingir (Mozambique).

 

Résumé des cas :

Rivière - Kenya, Mai 2009 © Photo: Ralf
Leonhard- En novembre 2008, le Président kényan Mwai Kibaki a loué 40000 hectares de terres à fort potentiel dans le delta du fleuve Tana au gouvernement du Qatar afin que le Qatar puisse y développer des produits horticoles. Officiellement, on ne connait pas l’emplacement de cette plantation. Ce projet a été entouré de secret, puisque les informations sur cette acquisition de terres et l’exportation de produits agricoles ont été révélées seulement au moment des sévères sécheresses subies par le Kenya qui ont mis à mal les récoltes et obligé le gouvernement à déclarer d’urgence l’état de pénurie alimentaire. Un second projet dans le delta du fleuve Tana concerne la monoculture de canne à sucre. Dans le cadre d’un partenariat public/privé, la société Mumias Sugar Company Ltd., la plus grande entreprise sucrière du Kenya, et l’Autorité pour le Développement du Fleuve Athi-Tana (ADFTA), qui dépend de l’État, proposent de consacrer 16 000 hectares à une plantation de canne à sucre pour la production d’agro-carburants. Ces deux projets, s’ils se réalisent, conduiront au déplacement de centaines de milliers de fermiers et de paysans qui utilisent actuellement ces terres pour des cultures maraichères comme le maïs, le manioc, les haricots, les légumes ou encore les mangues. Les tribus d’éleveurs, notamment les Orma et les Wardei, vont également beaucoup souffrir puisque le delta leur sert de pâturage pour leurs troupeaux depuis des générations. Ces projets élimineraient au moins 2000 éleveurs. Les droits humains de ces populations, notamment leur droit à l’alimentation, seront violés si ces projets se réalisent.

 

- Les terres humides de la zone marécageuse de Yala se situent sur la côte nord-ouest du Lac Victoria et couvrent environ 17 500 hectares (175 km²). Elles jouent un rôle écologique et hydrologique essentiel et constituent une source majeure pour les moyens de subsistance des communautés qui y habitent. Les terres de la zone marécageuse de Yala sont régies par les conseils des comtés de Siaya et Bondo. Avec une population de près d’un demi-million d’habitants, c’est une région densément peuplée. Depuis bien longtemps, les populations locales y ont accès et s’en servent librement pour diverses activités quotidiennes. En 2003, Dominion Farms Ltd, une filiale du Groupe de Sociétés Dominion basé aux Etats Unis, est apparu dans la zone marécageuse de Yala. Dominion a passé un accord avec les deux conseils généraux de Siaya et Bondo, pour une surface de 6900 hectares de terrains marécageux sur les 17,500 hectares existants dans le cadre du Projet de Développement Intégré de la zone marécageuse de Yala, pour une durée de 25 ans renouvelable. Dominion proposait même de louer l’ensemble des 17 500 hectares de la région marécageuse. Le travail de FIAN est de montrer comment les Etats ont manqué à leurs obligations au regard des droits humains envers les populations locales et de soutenir la résistance des paysans face à l’accaparement de leurs terres.

 

Champ de canne
à sucre - Mozambique 2009 © Photo: Jun BorrasLe cas Massingir doit quant à lui être analysé dans le contexte des politiques d’exportation misant sur les agro-carburants du Mozambique. Le cas (également connu comme le cas ProCana) concerne un projet de plantation de canne à sucre de 30 000 hectares pour une durée de cinquante ans et destiné à fournir de l’éthanol, principalement à l’Afrique du Sud. L’entreprise britannique BioEnergy Afrique a acheté 94% du projet à d’autres investisseurs en 2008 et 2009. Les terres concernées sont la principale source des moyens de subsistance des communautés de Massingir qu’elles utilisent pour l’élevage, la production de charbon et l’agriculture de subsistance. Le gouvernement mozambicain a donné au projet ProCana des droits étendus pour utiliser le barrage de Massingir pour l’irrigation. Cet octroi de ressources hydriques met en péril l’autonomie et la capacité des communautés locales voisines à produire de la nourriture. De plus, le projet affecterait également les éleveurs en coupant les pâturages et les routes des éleveurs. Il y a un grand risque que ces communautés perdent leurs terres et leurs conditions de vie contre leur gré et sans être convenablement réinstallées et indemnisées. Les consultations avec les communautés locales concernées ont eu lieu, mais des irrégularités importantes ont été rapportées. Les communautés interrogées ont indiqué qu’en fait seules les élites locales et les personnes âgées ont été consultées, parmi lesquelles certaines avaient personnellement soutenu le mégaprojet dans leurs communautés, en dépit de la forte opposition de celles-ci. Ces consultations n’ont pas abordé la question de savoir si les communautés acceptaient ou non le projet éthanol et selon quels termes. Certaines communautés affectées ont souligné que ProCana avait étendu les frontières des terres qu’il voulait contrôler, sans tenir compte des accords initiaux passés avec les communautés. Fin 2009, BioEnergy Afrique a annoncé la suspension de son investissement dans ProCana. Selon des informations récentes, le gouvernement du Mozambique a ensuite annulé le projet ProCana. Il faut cependant noter que l’annulation du projet n’est pas fondée sur la violation des droits humains mais sur le non-respect des clauses du contrat commercial passé entre les deux parties.

 

Kenya, Mai 2009 © Photo: Ralf LeonhardTout cela nous montre que le continent africain est aujourd’hui confronté à de nombreux défis s’il veut parvenir à la réalisation du droit à l’alimentation des 200 millions de personnes victimes de la faim. Il ne s’agit pas seulement de décisions nationales mais aussi de décisions internationales permettant de lutter contre ce nouveau phénomène d’accaparement des terres, qui ne fait que renforcer une situation alimentaire déjà critique. De nombreuses organisations de la société civile africaine sont aujourd’hui engagées aux côtés de FIAN dans le combat pour le droit à l’alimentation. Souhaitons que ce travail de réseau continental et de plaidoyer international puisse rapidement porter ses fruits afin d’inverser une tendance pour l’instant fort défavorable aux populations paysannes africaines. Pourtant, ce sont elles qui peuvent nourrir l’Afrique !

Source : fian.fr

Publié le 18/10/2010 - 13:51  - aucun commentaire aucun commentaire - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 

L’accaparement des terres provoque la faim! Que le monde soit alimenté par les petits producteurs! - par Raymond

L’accaparement des terres provoque la faim! Que le monde soit alimenté par les petits producteurs!


(Rome, 13 octobre 2010) Aujourd’hui à Rome, lors de la XXXVIème session du Comité mondial sur la Sécurité alimentaire (CSA) des Nations unies, le problème du régime foncier et des ressources naturelles figurait à l’ordre du jour.

L’accaparement des terres par les investisseurs privés et les gouvernements s’est accru au cours de ces dernières années, faisant ainsi obstacle à l’accès à la terre par les petits producteurs actuels et futurs, tout en imposant des systèmes agricoles non durables. Au moyen de structures financières opaques plusieurs banques européennes, américaines et brésiliennes investissent dans des projets d’accaparement des terres. Ces investissements sont contraires à l’image “verte” que ces banques essaient de donner.

Il est clair que l’accaparement des terres est une partie inhérente au modèle d’agrobusiness encouragé par les institutions telles que la Banque mondiale, le FMI, le FIDA, la FAO ou l’UE. En créant des règlements vagues comme ceux proposés par les principes de l’ “investissement agricole responsable ” lancé par la Banque mondiale, non seulement ils ne vont pas stopper l’accaparement des terres mais risquent même de justifier cette énorme violation des droits des paysans.

 

En tant que mouvement paysan mondial, La Via Campesina dénonce cette nouvelle forme de colonisation qui empêche les paysans et les petits agriculteurs de fournir des aliments à leur communauté.

C’est pourquoi, s’il existe une volonté politique réelle de trouver des solutions afin de résoudre la crise alimentaire, avec plus d’un milliard de personnes souffrant de la faim, il est urgent que les politiques agricoles commencent à apporter un soutien aux petits producteurs et arrêtent de promouvoir le modèle de l’agrobusiness.

Pour trouver une solution au problème de la faim et fournir une alimentation saine et adéquate à tous, l’accès à la terre est une condition fondamentale.

Henry Saragih, Coordinateur international de La Via Campesina a donc déclaré aujourd’hui au CSA: “La Via Campesina souligne l’importance de la Conférence internationale sur la Réforme agraire et le Développement rural (ICARRD en anglais) qui s’est tenue en juin 2006 au Brésil. L’ICARRD a insisté sur l’importance d’un accès plus important, plus sûr et durable à la terre, à l’eau et aux autres ressources naturelles ainsi que sur l’importance de la réforme agraire en vue d’éradiquer la faim et la pauvreté.

Pour nous, une réforme agraire authentique signifie que les terres agricoles devraient être distribuées aux sans terre et aux paysans, que les gouvernements devraient apporter leur soutien aux modèles de l’agroécologie et de l’agriculture paysanne durable. Cela signifie également que les gouvernements devraient protéger les marchés nationaux et locaux des marchés internationaux financiers et de matières premières, et devraient constituer des stocks alimentaires tampons à niveau national et local.”

Par conséquent, nous soutenons le développement des lignes directrices sur le régime foncier et les ressources naturelles, incluant de façon active les Organisations de la Société civile, directrices maintenant lancées par la Fao comme une première étape. Pour autant, nous demandons instamment aux gouvernements d’aller plus loin et de mettre en œuvre l’ensemble des engagements stipulés dans la déclaration finale de l’ICARRD.

 

La souveraineté alimentaire ne peut avoir lieu qu’avec une réforme agraire authentique!

Nous alimentons le monde!

Contacts presse :


Source : viacampesina.org
Publié le 18/10/2010 - 13:44  - aucun commentaire aucun commentaire - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 

La France a enfin sa première « ville lente » - par Raymond

Comme 140 autres communes dans le monde, Segonzac, en Charente, a rejoint le réseau international des « Cittaslow », ces villes qui se focalisent sur la qualité de vie et l'économie de proximité.

Le soleil se couche sur les vignes de Charentes, la vendangeuse rentre au garage chez Bernard et Monique Moreau. Une fin de journée ordinaire au pays du cognac... jusqu'à l'arrivée des amis et voisins, les bras chargés de plats maison, de raisin frais pressé, de légumes du jardin. Voilà le hameau de Deuville réuni pour un apéritif "slow food". L'occasion rêvée pour le maire, Véronique Marendat (Nouveau Centre), d'expliquer à ses administrés pourquoi leur commune de Segonzac vient de devenir la capitale française... de la lenteur.

La municipalité est la première de France à adhérer à Cittaslow, le réseau international des "villes lentes". Inspiré du slow food, le mouvement est né en Italie en 1999 et promeut une gestion municipale centrée sur la qualité de vie, l'économie de proximité, le respect des paysages..., en réaction aux zones commerciales et industrielles, à l'étalement pavillonnaire et au tout-voiture devenus l'ordinaire d'un urbanisme débridé.

Cette révolution tranquille compte de plus en plus de partisans. Cent quarante villes de 21 pays ont déjà adhéré à cette charte de 70 obligations. On trouve des villes lentes dans toute l'Europe, mais aussi en Australie, en Corée du Sud, en Turquie, au Canada...

"Fil conducteur"

Que diable va chercher dans cette aventure une commune de 2 300 âmes, que ne guette aucun risque de mégapolisation ? "Les petites communes sont les moins armées face aux pièges d'un développement anarchique. Ce qui nous intéresse, c'est moins le label que la démarche. Nous avons des choix importants à faire. Cittaslow va donner un fil conducteur à notre politique d'aménagement", explique la jeune femme, élue atypique dans cet univers de viticulteurs.

Ouverture d'un parc public, rénovation de bâtiments viticoles en bureaux, retour du petit commerce, réhabilitation d'un réseau de ruelles piétonnes et cyclables, structuration d'un marché de producteurs locaux, investissement dans la petite enfance et la maison de retraite, création de jardins partagés, transformation de la station d'épuration en bassins filtrants naturels... les chantiers ne manquent pas.

La commune ne part pourtant pas de zéro. Tels des Monsieur Jourdain de l'aménagement du territoire, les Ségonzacais faisaient du "slow" sans le savoir. Et pas seulement parce que les Charentais arborent pour emblème un escargot - la cagouille -, qui est aussi le logo de Cittaslow. "Le cognac nous a donné une culture de la lenteur : la vigne, le vieillissement en fûts, cela apprend un rapport au temps particulier", pense Colette Laurichesse, l'adjointe au maire, qui a ficelé le dossier Cittaslow.

Le cognac est aussi l'occasion de mettre en valeur compétences et productions locales : plus petite cité universitaire de France, Segonzac héberge l'Université internationale des eaux-de-vie et boissons spiritueuses et le Centre international des eaux-de-vie, sans oublier l'Institut français de la vigne et du vin. Surtout, la municipalité a voté, dès 2006, un plan local d'urbanisme qui encadre strictement les constructions, interdisant l'étalement des hameaux, empêchant le mitage du territoire. "On ne construira de logements que sur des terrains proches du centre et sous forme d'écoquartiers", assure Mme Marendat. Une ambition rare pour une commune de cette taille.

Pas question pour autant, pour cette professeure d'économie et de gestion, de passer pour une adepte de la décroissance, dont se revendiquent certains apôtres du "slow". "Ce que nous voulons, c'est une croissance raisonnée, sortir de la consommation abrutie des zones commerciales. Mais pour garder notre population, nous devons lui donner accès à des services et des emplois, donc créer des zones d'activité."

Paradoxalement, pour la petite commune, l'adhésion à Cittaslow a entraîné... une formidable accélération du temps. Des journalistes comme s'il en pleuvait, des appels incessants d'urbanistes, de municipalités... Nourri par les écrits du philosophe allemand Hartmut Rosa, auteur de l'essai Accélération (La Découverte, 474 p., 27,50 euros), ou du journaliste canadien Carl Honoré, auteur en 2004 du best-seller Eloge de la lenteur, le monde occidental se prend de passion pour la lenteur, slogan et paradigme d'un mode de vie alternatif où figure en bonne place le souci de l'écologie.

Epicentre du phénomène dans l'Hexagone, Segonzac travaille aujourd'hui avec la direction de Cittaslow pour enrôler d'autres communes et constituer un réseau français de villes lentes. La municipalité animera à la Foire de Paris, en avril 2011, un espace Cittaslow qui servira de vitrine à la constellation de la lenteur.

Grégoire Allix

Source : Le Monde du 3 Octobre 2010

Publié le 13/10/2010 - 14:16  - aucun commentaire aucun commentaire - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 

Les trois-quarts des personnes souffrant de la faim sont des paysans - par Raymond

Les trois-quarts des personnes souffrant de la faim sont des paysans

Réunis à la FAO (1) dans le cadre du comité de la sécurité alimentaire (CSA) (2), 190 pays se rencontreront la semaine prochaine à Rome afin de prendre des mesures politiques concrètes pour lutter contre la crise alimentaire mondiale. Deux thématiques centrales seront débattues au cours de ce sommet, à savoir la vulnérabilité des paysans face au changement climatique et l’épineuse question de l’accaparement des terres. Mais d’autres points décisifs seront également discutés, dont la problématique de la volatilité des prix ou la création d’un cadre stratégique visant à garantir la cohérence des politiques commerciales ou énergétiques, telles que celles liées aux agrocarburants. Qualifiée à juste titre d’ « aberration » par Oxfam France, la situation actuelle veut que les trois-quarts des personnes souffrant de la faim dans le monde sont des paysans.

Afin d’inciter à la prise de mesures efficientes, les associations Oxfam France et Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) se sont associées pour lancer la campagne « Privés de terre, privés d’avenir ». Enrichi d’un site Internet dédié (3), ce programme propose des solutions et des exemples concrets, susceptibles de soutenir les agricultures paysannes précaires. Ainsi, au Guatemala, où les politiques agricoles guatémaltèques du 20ème siècle ont favorisé l’émergence de grandes exploitations de banane ou de canne à sucre, et plus récemment de palmiers à huile, notamment en vue de la production d’agrocarburants, l’accaparement des terres a conduit à l’exploitation des familles paysannes en main d’œuvre bon marché. Pour contrer cette tendance croissante, des communautés indigènes, soutenues par l’ONG locale SANK (4), se sont organisées pour défendre leurs droits collectifs sur leurs terres. En octobre 2008, 27 communautés, représentées par leurs autorités traditionnelles indigènes, ont ainsi obtenu des maires de Chisec et de Raxruhá, municipalités faisant partie des plus pauvres du Guatemala, leur reconnaissance comme sujets de droit collectif et donc aptes à agir juridiquement parlant.
Selon Oxfam France, 15 à 20 millions d’hectares ont été acquis par des investisseurs étrangers dans les pays du Sud depuis 2006. Malheureusement, les mesures volontaires proposées par la FAO et la Banque mondiale, bien qu’utiles, se sont avérées insuffisantes. L’enjeu annoncé pour la réunion prochaine vise donc un cadre contraignant pour les investisseurs à l’international.

Afin de faire pression sur l’Agence Française de Développement (AFD) et son nouveau directeur général, Dov Zerah, ainsi que sur les ministres français de l’Economie et de l’Environnement, Christine Lagarde et Jean-Louis Borloo, la campagne « Privés de terre, privés d’avenir » propose des cartes d’interpellations à renvoyer par voie postale ainsi qu’une pétition en ligne.

Cécile Cassier

1- Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
2- Organisme intergouvernemental créé dans les années 1970, le CSA a été désigné l’année dernière comme l’organisme pouvant coordonner au niveau international les questions de sécurité alimentaire et de nutrition.
3- Le site est accessible à l’adresse suivante : www.privesdeterre.org
4- SANK est une organisation locale créée par des jeunes indigènes Q’eqchi’

Source : univers-nature.com

Publié le 13/10/2010 - 14:01  - aucun commentaire aucun commentaire - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 

Vidéo de campagne de Greenpeace - par Viviane

Petit clip vidéo très parlant de Greenpeace:

Publié le 13/10/2010 - 13:51  - aucun commentaire aucun commentaire - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 

La fragilité des vitamines - par Raymond

La fragilité des vitamines
L'impact sur les vitamines des différents modes de cuisson.

(En complément à l'article Faudra-t-il bientôt manger cinquante fruits et légumes par jour ?)

Les précarences vitaminiques proviennent souvent de négligences par ignorance dans la manipulation et la préparation des aliments.
Signalons en premier lieu que la déperdition vitaminique résulte souvent du stockage des légumes et fruits frais. Plus on s'éloigne du jour de la récolte et plus la vitamine C se raréfie. C'est ainsi que la pomme de terre après quatre mois de conservation perd 5o % de sa teneur en vitamines C ... Un fruit blessé perd la totalité de la vitamine C par oxydation en un jour !

D'une façon générale pour les légumes et fruits frais, plus le circuit de distribution, depuis l'aire de la récolte jusqu'au consommateur, est long, et plus la quantité de vitamines hydrosolubles détruites s'accroit.

La résistance des vitamines liposolubles est plus élevée. Toutefois, la dessiccation (action de dessecher ;) souvent liée à la durée de conservation est une épreuve à laquelle peu de vitamines résistent. Le lait et les oeufs en poudre conservent une partie des vitamines A et D, par contre, la vitamine C présente dans le lait frais en petite quantité est entièrement détruite après traitement et mise en conserve :( ...



Lavage et cuisson

Les vitamines hydrosolubles C et aussi celles du groupe B sont dissoutes par des lavages prolongés. Il faut donc se garder d'immerger pendant de longues heures les végétaux avant leur utilisation. Un rinçage à l'eau, à faible pression ou, quand l'état du végétal le permet, un essuyage à l'éponge suffit. Quant à la cuisson, elle est aussi et surtout la grande responsable de la destruction des facteurs vitaux. Manger cuit, surcuit, c'est très souvent manger mort !



La chaleur détruit les vitamines thermolabiles, et accélère le phénomène d'oxydation proportionnellement à l'élévation de la température. La perte est d'autant plus élevée que les légumes et fruits ont été préalablement épluchés et coupés en menus morceaux. Le lait soumis à ébullition prolongée perd la plus grande partie de la vitamine A. Il faut y songer notamment pour l'alimentation des bébés.
Pour éviter pertes et destruction et précarences qui en sont la conséquence, il importe donc de protéger les vitamines.
Les végétaux sont les principaux fournisseurs de la vitamine C. Or, c'est une des vitamines les plus fragiles, d'où la nécessité absolue de consommer crue une partie des légumes et la presque totalité des fruits, tout en prenant les précautions indiquées ci-dessus à propos des manipulations et du lavage.
Pour être consommés crus sans inconvénients, les végétaux doivent réunir au plan de la digestibilité deux qualités : ne contenir que très peu d'amidon et avoir une trame cellulosique tendre. C'est le cas notamment des légumes-racines jeunes: carottes, céleri, radis ; des légumes-fruits tels que les tomates, concombres ; des fines herbes et des feuilles tendres et vertes des salades. C'est le cas aussi de l'immense majorité des fruits.

Les fruits doivent être bien mûrs et être, si nécessaire, préparés à l'aide d'ustensiles en métal inoxydable. La peau, généralement indigeste, ne peut être consommée, il est néanmoins recommandé de la peler très fine. Se garder de rejeter les feuilles vertes des salades, sauf si elles sont trop dures.

Certains légumes ne peuvent cependant pas ne pas être soumis à la cuisson en raison de la nécessité de faire éclater une cellulose impossible à digérer et de dextriner l'amidon, de sorte que ce glucide puisse être attaqué par la ptyaline. La confection des mets rend d'autre part la cuisson nécessaire, et cela est indiscutable au plan de l'art culinaire qu'il ne s'agit pas de négliger.



La cuisson à l'eau doit s'effectuer à l'eau bouillante. Un des effets de l'ébullition est de chasser l'air contenu dans l'eau, et, par suite, de diminuer le pouvoir oxydant de ce milieu. En plongeant les légumes ou les fruits directement dans l'eau bouillante, il se forme à leur périphérie un véritable écran constitué par une quasi coagulation des matières protéiques et glucidiques, empêchant la diffusion dans le liquide des vitamines hydrosolubles et des sels. Pensez à cuire de cette façon les légumes avec leur peau chaque fois que cela est possible notamment pour les pommes de terre !

La vitamine C est néanmoins en grande partie détruite et une quantité des sels minéraux passent dans l'eau. Pour bénéficier des vitamines hydrosolubles non détruites et des sels minéraux, pensez à utiliser les eaux de cuisson soit pour la préparation des potages, soit pour la confection de béchamel par exemple. (Ne pas ajouter à l'eau de cuisson du bicarbonate de soude, alcalinisant qui accroît la perte des vitamines hydrosolubles).



La cuisson en vase clos, genre marmite norvégienne, autocuiseur, etc ... soumet les aliments à une ébullition très rapide et la température des aliments est portée à une valeur très supérieure au point d'ébullition de l'eau, c'est à dire à plus de 100°C. Certes il est Possible de régler le fonctionnement de ces appareils suivant la température que l'on désire atteindre. Il n'en demeure pas moins que la vitamine C, et d'une façon générale, la plus grande partie des métabolites sont détruits. Les personnes tenant à utiliser ce genre d'ustensiles devraient pouvoir cuire les aliments sans dépasser 100°C et à l'étouffée par condensation de la vapeur, donc avec le minimum de dilution et d'oxydation des vitamines hydrosolubles.



La cuisson à la vapeur , en supprimant l'immersion dans l'eau diminue les pertes.

Au sujet des viandes, volailles et poissons, la cuisson la plus digeste et qui épargne le plus les vitamines et d'une façon générale les électrolytes est obtenue avec le grillé, le rôti, le braisé. Certes les vitamines de la périphérie sont détruites, mais il se forme une sorte d'enveloppe protégeant les facteurs vitaux se trouvant au centre.



Reste la cuisson dans les corps gras, graisse, huile, beurre. Ce procédé est le moins hygiénique de tous et tous les hygiénistes recommandent de l'éviter. Les graisses cuites, le beurre noir, les huiles cuites et recuites sont nocives, même s'il est prouvé que les pertes de vitamines sont inférieures à la cuisson dans l'eau.



On retiendra que dans la meilleure hypothèse, les pertes de vitamines B1 et C à la cuisson sont de l'ordre de 2o à 5o% et celles de la vitamine A de l'ordre de 5 à 10%. la vitamine B12 est sans doute la plus touchée, les vitamines B2 et PP sont les plus résistantes à la cuisson.

En outre, plus la cuisson est longue, plus la température est élevée, plus l'aliment est fragmenté, et plus les pertes sont importantes. C'est ainsi que les confitures ne contiennent pratiquement plus de vitamines A, B et C.

Citons aussi pour la condamner la pratique qui consiste à cuire les légumes à l'avance et pour plusieurs jours et ensuite à les réchauffer :( pratique qui augmente considérablement les taux de perte ...





Conclusion


La cuisson des aliments n' est bien évidemment pas à proscrire, d'autant qu'elle n'amoindrit pas la qualité des protéines, glucides, lipides, sels minéraux et cellulose éclatée contenus dans les aliments et nous connaissons l'importance de ces nutriments. Il convient donc simplement de compenser les pertes vitaminiques par les crudités et les fruits. C'est là une nécessité absolue et une condition de la grande santé.

En outre pour éviter les précarences faire des cures périodiques de germes de blé ou de blé germé, de levure alimentaire, de baies, de groseilles, de cassis, de myrtilles, d'agrumes, de citrons, d'oranges, de pamplemousses, de pommes et de tous types de jus de fruits et de légumes.





PS : Il est quasi impossible de connaître la teneur en vitamines des conserves industrielles car cela dépend du mode de préparation et de la vitamine considérée. Le consommateur saura à quoi s'en tenir à ce propos, lorsque les fabricants seront tenus par la loi de mentionner sur les emballages la teneur en vitamines. Il apparaît toutefois évident que l'opération qui consiste à « porter l'aliment placé dans un récipient hermétiquement clos à une température suffisante pour détruire germes et enzymes » détruit du même coup les vitamines les plus fragiles. Cependant, les opérations conduites avec le maximum de rapidité et le plus souvent à l'abri de l'air réduisent les oxydations, et la perte de vitamines, notamment la perte en vitamine C serait inférieure aux préparations ménagères. Mais ce point reste à prouver définitivement.

Voir aussi au sujet des vitamines:
- Nature et rôle des vitamines

- Les différentes vitamines


Source : www.letempledelaforme.com




Publié le 08/10/2010 - 15:16  - aucun commentaire aucun commentaire - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 

Faudra-t-il bientôt manger cinquante fruits et légumes par jour ? - par Raymond

Faudra-t-il bientôt manger cinquante fruits et légumes par jour ?

Par Agnès Rousseaux (16 septembre 2010)

Vitamines A, B ou C, Oméga 3, oligo-éléments, fer... Les nutriments sont indispensables à notre organisme et à sa longévité. Plusieurs études nous alertent sur la faiblesse des fruits et légumes « modernes » en nutriments. Alors qu’une pêche suffisait en 1950 pour absorber une bonne ration de vitamine A, il faudrait aujourd’hui en croquer une vingtaine ! Où sont passées ces vitamines ? Que disent les chercheurs ? L’industrie agro-alimentaire en profite-t-elle ? Basta ! a mené l’enquête.

« Mangez au moins 5 fruits et légumes par jour », recommande le Programme national nutrition santé. Peut-être faudra-t-il bientôt en manger cinquante... Côté nutriments, nos aliments semblent montrer quelques faiblesses. Prenez une orange : celle des années 2000 aura sans doute meilleure mine que les oranges des années 50. Et pourtant… L’orange moderne contient cinq fois moins de fer. Idem pour les pêches. Plusieurs études révèlent cette perte de « densité nutritionnelle ». C’est la quantité de nutriments (vitamines, minéraux...) qu’un aliment contient comparé à son nombre de calories. Des chips ou une pizza ont, par exemple, une très faible densité nutritionnelle comparés à des lentilles ou des brocolis [1]. Ce problème commence à être soulevé aux États-Unis, au Canada et en Grande-Bretagne (voir en fin d’article). En France, silence radio du côté des pouvoirs publics et des instituts de recherche. Nos fruits et légumes échapperaient-ils à cette malédiction ?

Vitamine A : 1 pêche de 1950 = 26 pêches de 2010

Depuis 1950, des chercheurs mesurent le contenu nutritionnel de l’alimentation. À côté des glucides, protides et autres lipides, la présence de micro-nutriments – vitamines, minéraux, oligo-éléments, acides gras et acides aminés – est indispensable à notre santé. Or dans les années 1950, manger une banane, une orange et une pêche, suffisait à pourvoir les « apports journaliers recommandés » (AJR) d’une personne en vitamine A. Aujourd’hui, vu les teneurs en nutriment, il faudrait 5 bananes, 10 oranges, et 26 pêches pour avoir sa dose de vitamine A ! C’est ce que révèle une étude menée au Canada en 2002 et publiée par le premier quotidien du pays, The Globe and Mail, et la chaîne de télévision CTV News. Cette étude compare les tableaux de nutriments publiés à différentes époques, avec les taux de vitamines et minéraux contenus dans 25 fruits et légumes.

Résultats ? En un demi-siècle, la pomme de terre a perdu plus de la moitié de sa vitamine C et de son fer, plus d’un quart de son calcium. Et 100 % de sa vitamine A, un nutriment indispensable au développement des cellules et au fonctionnement du système immunitaire ! Selon cette étude canadienne, quasiment 80 % des aliments testés ont vu leur teneur en calcium et en fer diminuer.

Où sont passées nos vitamines ?

Des chercheurs remettent en question ces analyses, au motif que les mesures se sont grandement affinées depuis un demi-siècle. L’évolution des méthodes de test et le manque de fiabilité des données historiques fausseraient donc les résultats. Mais des études récentes, qui consistent à planter des variétés végétales modernes et historiques côte à côte, avec des pratiques agronomiques comparables, viennent confirmer la perte d’éléments nutritifs dans les aliments. Le rapport Still No Free Lunch de Brian Halweil, du World Watch Institute (États-Unis), publié en 2007 fait le bilan des études existantes. Et met en évidence cette « dilution en nutriments » généralisée.

Quelles sont les causes de ce phénomène ? Les méthodes agricoles d’abord : l’utilisation intensive de pesticides et d’herbicides, les excès d’engrais qui augmentent la vitesse de croissance des plantes et diminuent proportionnellement le temps de fixation des micronutriments. Les techniques intensives épuisent aussi les sols, dont la teneur globale en nutriments diminue dans certaines zones. En cause également, selon Brian Halweil, les traitements de conservation et les rallongements du temps de transport. Un aliment parcourt en moyenne 2.500 kilomètres avant d’être consommé ! Certains fruits, cueillis trop tôt, n’ont pas le temps de développer les nutriments liés à l’ensoleillement, comme les anthocyanines ou polyphénols, ces composants qui nous protègent contre le cancer ou la détérioration des cellules du cerveau. Quant au taux de vitamine C dans les pommes et abricots cueillis verts : il est proche de zéro !

Obèse et sous-alimenté

En cause également, les pratiques de sélection des plantes selon leur rendement. Les agriculteurs préfèrent les plantes qui poussent vite, produisent beaucoup et ont une belle apparence. Mais plus le rendement est élevé, moins la plante dépense d’énergie à absorber des oligo-éléments, et plus la teneur en nutriments est faible.

Nos régimes alimentaires sont déjà pauvres en nutriments. 70 % de ce que nous mangeons provient de produits industriels, beaucoup moins riches en vitamines. Nous consommons de plus en plus de « calories vides » : des aliments contenant des quantités élevées de gras et de sucre ajouté et très peu de nutriments par calorie. Si même les fruits et légumes ne nous assurent plus notre ration quotidienne...

Pour Brian Halweil, il s’agit d’un « paradoxe moderne unique » : nous pouvons à la fois trop nous nourrir (en calories) et rester sous-alimenté (en nutriments). Si près d’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde, plus de 3 milliards – soit la moitié de la planète – subissent une déficience en nutriments. Avec des conséquences qui vont de l’anémie, en cas de déficience en fer, à la cécité pour ceux qui manquent de vitamine A. L’étude Suvimax (Supplémentation en vitamines et minéraux antioxydants) menée de 1994 à 2003 en France par l’Inserm, a testé l’effet d’un apport en vitamines et minéraux antioxydants [2] à des doses proches de celles qu’on peut attendre d’une alimentation saine. Au bout de sept ans et demi, on observe chez les hommes une diminution de 31 % du risque de cancers et une diminution de 37 % du risque de décès. Les nutriments, c’est vraiment bon pour la santé !

Faut-il manger 3 kg de brocolis par jour ?

« Pour se développer et fonctionner au mieux, les humains ont besoin d’une diversité d’aliments et de nutriments dans leur alimentation. Notre système immunitaire ne fonctionne pas de manière optimale quand nous sommes déficients en certains nutriments. Notre capacité à éviter les maladies, du cancer au simple rhume, est compromise », souligne Brian Halweil. Selon le ministère de l’Agriculture états-unien, notre « régime alimentaire est plus compromis par la consommation de nourriture industrielle que par le déclin des niveaux de nutriments dans les fruits et légumes » [3]. Est-ce une raison pour laisser nos fruits et légumes se vider de leurs substances ?

Certains scientifiques pointent le fait que la densité en nutriment baisse dans chaque grain de blé ou la moindre feuille de salade. Mais grâce aux progrès en terme de rendement, il y aurait au final plus de nutriments produits par hectare. Ce qu’illustre le généticien Mark Farnham, spécialiste du brocoli au « US Vegetable Laboratory » : grâce à la taille plus importante des brocolis modernes, on trouve sans doute plus de calcium et de magnésium dans chacun d’entre eux, nuance-t-il. « Mais la plupart des gens ne mangent pas un brocoli entier en une seule fois », rétorque Brian Halweil.

En France, on s’enthousiasme pour les nano-capsules...

Du côté de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), ce genre de débat semble bien lointain. « La baisse de densité nutritionnelle des fruits et légumes ? C’est une rumeur, le type d’information qui circule… mais est-ce avéré scientifiquement ? », s’interroge Jean-Michel Chardigny, directeur de l’Unité nutrition humaine de l’INRA à Clermont-Ferrand, la plus grosse unité s’occupant d’alimentation humaine. « Je n’ai pas connaissance d’études là-dessus, ce n’est pas un sujet très documenté », explique-t-il à Basta !... Au moins sept études sur le sujet ont été publiées depuis 15 ans (lire ci-dessous).

À l’INRA, on travaille surtout sur « le nutriment ». Les chercheurs « sont mal armés pour mesurer la complexité des apports des aliments », justifie Jean-Michel Chardigny. « La question de la densité nutritionnelle ne se pose pas. Il est important que les gens consomment des quantités élevées de fruits et légumes. C’est lié au volume global, pas à la densité », ajoute Cécile Renard, directrice de recherche à l’INRA et responsable d’une équipe qui travaille sur la qualité des fruits et légumes.

On préfère s’occuper « d’adressage » ou de « vectorisation » : trouver la formulation qui permette au nutriment – des Omégas 3, par exemple – d’aller sur la bonne cible plutôt que de se diluer dans l’organisme. Une façon d’associer les molécules entre elles pour qu’elles ne se dégradent pas de la même façon une fois ingérées. Des recherches qui incluent aussi les nanotechnologies. « Il faut être prudent. On peut court-circuiter la régulation mise en place par l’organisme, avertit Jean-Michel Chardigny. Le fer par exemple, ingéré à l’échelle nano, est absorbé à 100 %, alors que ce taux est de 30 % normalement car il ne franchit pas la barrière intestinale. Avec les nanos, c’est comme si on avait une perfusion en intraveineuse. Cela peut être positif ponctuellement ». Réjouissant, non ?

Éveillez votre « conscience nutritionnelle » !

Quand il n’y aura plus de nutriments dans les produits agricoles, on pourra toujours se les injecter manuellement, via des nano-capsules… De quoi révolutionner la configuration des repas de familles ! Autre solution proposée par l’industrie : manger des nutriments artificiels ou des aliments enrichis. « Depuis quelques années et grâce à la mobilisation de l’ensemble des acteurs – corps médical et scientifique, pouvoirs publics, industriels – la conscience nutritionnelle des consommateurs français s’est éveillée », se félicite le Syndicat de la diététique et des compléments alimentaires.

Selon un sondage mené en 2008 pour cet organisme par TNS Sofres, 37% des Français « consomment des compléments alimentaires afin de conforter leur capital santé ». Un marché qui représente un chiffre d’affaires annuel de plus d’un milliard d’euros (en 2008). Quitte à gérer la santé comme un capital, il peut paraître plus rentable d’acheter des doses de vitamines ou d’oligo-éléments, que d’essayer de repenser les politiques agricoles et alimentaires. Surtout quand cela arrange l’industrie agro-alimentaire. Au moins pourrait-on espérer que les instituts de recherche en France puissent nous dire exactement ce que nous mangeons, et surtout si ces aliments nous nourrissent encore. Ce qui n’est même pas le cas.

Agnès Rousseaux

Notes

[1] Voir la définition du Programme national nutrition santé (PNNS)

[2] Vitamines E et C, zinc et sélénium, bêtacarotènes.

[3] United States Departement of Agriculture, Agricultural Research Service : USDA Nutrient for Database Reference, Release 13, 1999

Source: www.bastamag.fr

Publié le 08/10/2010 - 14:51  - aucun commentaire aucun commentaire - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 
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